Nager avec le requin-baleine au large de Nosy Be

Nager avec le requin-baleine au large de Nosy Be

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Le plus grand poisson vivant passe quelques mois par an dans les eaux du Nord. Le voir tient moins de la chance que de la patience, et d’une saison qu’on ne choisit pas.

Le requin-baleine (Rhincodon typus, « le poisson à la peau râpeuse ») n’est ni un requin au sens où on l’entend, ni une baleine. C’est un poisson cartilagineux qui filtre le plancton, sans dent utile pour autre chose. Il atteint couramment dix à douze mètres, parfois davantage, ce qui en fait le plus grand poisson connu. Aucune attaque sur un nageur n’a de sens biologique : sa bouche, large d’un mètre et demi, aspire de l’eau et de minuscules organismes, pas des jambes.

Je précise ça d’emblée parce que la première question qu’on me pose, sur le bateau, porte toujours sur le danger. Il n’y en a pas de son fait. Le risque, quand il existe, vient des hélices et des nageurs pressés.

Une saison courte, au large

Les requins-baleines se rassemblent près de Nosy Be de septembre à décembre, avec un pic en octobre et novembre. La raison est prosaïque : le plancton et les petits poissons pélagiques abondent à cette période, et l’animal suit sa nourriture. Nosy Be, la plus grande île de son archipel au nord-ouest de la Grande Île, sert de point de départ à la plupart des sorties.

L’agrégation locale a une particularité : elle est composée en grande majorité de jeunes mâles, d’après les relevés du Madagascar Whale Shark Project, qui photo-identifie les individus par leurs taches depuis le milieu des années 2010. Près de cinq cents animaux ont été catalogués de cette manière au large de l’île.

Hors saison, inutile d’espérer. Ils sont ailleurs. C’est une contrainte que les brochures oublient parfois de mentionner. Ces mois recoupent en partie ceux des baleines à bosse du Nord, ce qui explique qu’on croise les deux excursions au même ponton. Deux animaux, deux sorties qui n’ont rien à voir.

À quoi ressemble une sortie

Une sortie type dure une demi-journée. On quitte le port tôt, on cherche. Le repérage se fait à l’œil, en surface, parfois grâce à un guetteur ou à un ULM. Ensuite, tout va vite et rien n’est acquis.

  • le bateau se place à distance, moteur au ralenti, et les nageurs entrent par petits groupes ;
  • l’observation se fait en apnée, masque et tuba, jamais en bouteille sous l’animal ;
  • on nage sur le côté, pas devant la trajectoire ni au-dessus de la tête ;
  • une distance de plusieurs mètres est maintenue, sans contact d’aucune sorte ;
  • une rencontre dure trente secondes ou plusieurs minutes, selon l’humeur de l’animal, pas la vôtre.

Le contact est proscrit : la couche de mucus qui protège la peau s’abîme au moindre frottement. Cette règle ne relève pas de la politesse. Elle figure dans une charte d’approche formalisée dans la réglementation malgache depuis 2017.

Idées reçues

Les mêmes reviennent sur le bateau.

Que c’est dangereux. Non, voir plus haut.

Que la rencontre est garantie. Non plus. Certains opérateurs vendent une « garantie » avec seconde sortie offerte en cas d’échec, ce qui dit surtout que l’échec arrive.

Qu’il s’agit d’un mammifère. C’est un poisson. Il respire par des branchies et ne remonte pas prendre l’air.

Choisir un opérateur

Le sérieux d’un prestataire se lit à sa manière de gérer le groupe et la distance : un nombre limité de nageurs à l’eau en même temps, un briefing sur les règles avant le départ. Le lien avec les programmes de suivi, quand il existe, achève de rassurer. Le tarif tourne autour de cinquante à soixante-dix euros par personne pour une demi-journée (indicatif, juillet 2026), plancton et météo non compris dans la promesse.

Une sortie snorkeling dans le Nord demande de savoir se tenir en surface sans palmes battant dans tous les sens. Rien de technique, mais une aisance minimale aide. Le volet sanitaire et administratif se prépare à part : les recommandations aux voyageurs de France Diplomatie font référence.

Questions fréquentes

Faut-il savoir plonger ? Non. L’observation se fait en surface, en apnée courte. Masque, tuba et palmes suffisent.

Quelle est la meilleure période ? De septembre à décembre, octobre et novembre en tête.

Est-ce risqué pour l’animal ? Le tourisme mal encadré perturbe l’alimentation et augmente le risque de collision. L’espèce est classée « en danger » sur la liste rouge de l’UICN. D’où la charte.

Où loger pour y accéder ? La plupart des sorties partent de l’île ; un hôtel à Nosy Be proche du port simplifie les départs matinaux.

Voir un requin-baleine, ce n’est pas cocher une case. C’est passer une matinée à scruter une surface vide, parfois pour rien. Quand l’ombre apparaît sous la coque, large et lente, la question du danger ne se pose plus. Reste celle de la distance, la seule qui compte pour lui. Avant de réserver, un coup d’œil au calendrier des saisons du Nord évite les déconvenues.


Sources : Madagascar Whale Shark Project (madawhalesharks.org, saison et photo-identification, consulté en juillet 2026) ; UICN, Liste rouge des espèces menacées (statut de Rhincodon typus*) ; Wikipedia (géographie de Nosy Be) ; France Diplomatie (conseils aux voyageurs, Madagascar). Tarifs et durées indicatifs, juillet 2026.*

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