Awa Sagna a passé douze ans en escale. Personnel navigant sur les lignes de l'océan Indien, elle a atterri des dizaines de fois dans les mêmes villes, avec vingt-quatre ou quarante-huit heures à tuer et l'habitude d'en faire quelque chose. C'est comme ça qu'elle a appris à lire un endroit vite : par son marché, sa cuisine, la musique qui sort d'un cabaret le soir. Quand le trafic aérien s'est arrêté en 2020, elle n'est pas remontée à bord.
Je ne suis pas ethnologue, et je ne vous expliquerai pas « l'âme malgache » — je me méfie des gens qui prétendent la connaître. Je suis une voyageuse qui cuisine et qui raconte ce qu'on lui a servi. Sur hotels-diego, j'écris le Nord par le quotidien : le bazary be de Diego un samedi matin, le romazava qu'on mange sans façon, le salegy qu'on danse mal. Ce qu'on rapporte vraiment d'un voyage, ce n'est pas une photo. C'est un goût.
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