Mon père était marin-pêcheur. J'ai eu ma première planche à neuf ans, dans une eau à quatorze degrés, et ça ne m'a pas dégoûté — allez comprendre.
J'ai été moniteur de voile l'été pendant mes études. Puis moniteur tout court. Puis j'ai arrêté de faire semblant d'avoir un plan B. Vingt ans de clubs : la Bretagne, Leucate, deux saisons à Dakhla, une à Zanzibar, six mois à Boracay qui se sont mal terminés et dont je ne parlerai pas ici.
J'ai eu un club à moi entre 2016 et 2020. Je l'ai fermé. La version courte : j'ai découvert que j'aimais le vent, pas la comptabilité.
Aujourd'hui je teste du matériel, je convoie des bateaux, je guide des trips, et j'écris. Mon épaule droite a été reconstruite en 2019, je ride moins fort et je regarde plus.
Ce qui m'intéresse, ce n'est pas le kite. C'est le vent. Le kite, c'est ce que j'en fais. Je peux vous parler quarante minutes du Varatraza sans m'ennuyer une seconde — ma fille confirme, et elle n'apprécie pas.
Ici, je dis les vraies fenêtres, pas celles des brochures. Quand un spot est surcoté, je l'écris. Quand il ne l'est pas, je l'écris aussi. Le marketing des destinations, je l'ai vu de l'intérieur pendant vingt ans : ça ne m'impressionne plus beaucoup.